L’Europe, communauté européenne, un groupe de pays où les lois sur l’immigration sont aussi compliquées qu’un écheveau de fil emmêlé et où les procédures pour obtenir la citoyenneté sont plus difficiles et plus longues que de chercher une aiguille dans une botte de foin.
Dans notre chère Communauté européenne, c’est un fait que la légalisation d’un chien domestique est plus facile et plus rapide que celle d’un immigrant non européen.
En Espagne, pays européen, j’ai survécu. Je m’appelle José. Je suis arrivé dans ce pays à bord d’un bateau, à la recherche d’une vie meilleure où je pourrais réaliser au moins certains de mes rêves. Mais les portes de la légalité m’étaient fermées et toute tentative pour obtenir les documents nécessaires pour légaliser ma situation est un échec retentissant.
Désespéré, tout à fait et absolument désespéré, j’ai commencé à envisager des options alternatives et peu orthodoxes.
Un jour, alors que j’errais dans les rues de la ville d’Alicante, j’ai observé avec joie les chiens accompagnant leurs propriétaires, bénéficiant de tous les droits et privilèges dont je rêvais.
C’est alors qu’une idée m’est venue à l’esprit : Et si j’étais un chien ?
Avec cette pensée folle et brillante, je me suis dirigé vers la clinique vétérinaire la plus proche. Là, épuisé, j’ai expliqué ma situation à un vétérinaire très gentil, qui m’a regardé avec surprise mais aussi avec sympathie et compréhension. Après une brève réflexion, le vétérinaire a accepté de m’aider avec ma demande unique.
Après un processus qui a défié toutes les lois de la logique, j’ai quitté la clinique en chien légalement reconnu, vacciné, avec mon passeport européen, ma puce, avec un nouveau collier et une belle médaille d’identification qui disait « José », car je me sentais enfin plus libre que jamais. Mais le plus important c’est que j’ai enfin mon passeport espagnol et donc européen !
Je l’ai fait! Devenu officiellement citoyen chien domestique, j’ai commencé à vivre la vie sous un angle différent.
Je n’avais plus à me soucier des formalités administratives ni des regards suspects des autorités. J’ai apprécié ma nouvelle liberté en courant à travers les parcs et en me faisant caresser par des inconnus qui me voyaient comme un adorable compagnon à quatre pattes et une queue.
Au milieu de tant de paix, j’ai alors décidé de demander mon exil dans un refuge pour animaux de bonne réputation. La nouvelle de ma demande a fait grand bruit dans le refuge, dans la ville, dans le pays et en général dans le monde entier.
J’ai expliqué mon désir de vivre dans un endroit où je pourrais être moi-même, quelle que soit ma forme ou mon origine. À ma grande surprise, le protecteur a accepté ma demande le jour même avec compréhension et compassion. Ainsi, j’ai trouvé ma maison au célèbre refuge pour animaux, entouré d’amis à quatre pattes qui m’ont accepté tel que j’étais. J’ai enfin trouvé la paix de la maison et l’acceptation dont j’avais tant rêvé.
Merci à ce gentil vétérinaire qui a montré qu’il avait bien plus de cœur et de pouvoir pour me donner des papiers de légalisation que tous les pouvoirs publics et forces de l’Etat réunis.
D’ailleurs, un jour, j’ai décidé de changer de scène et j’ai quitté l’Europe. Maintenant, je vis en Suisse et tous les Suisses m’adorent, me caressent et ne cessent de me donner des friandises et des friandises. Oui, la vérité est que tout de même ces suisses sont très lourds, alors je pense sérieusement à retourner en Espagne, ça oui, quand je prendrai ma retraite.
J’ai ainsi démontré que dans un monde où les lois sont plus étranges que la fiction, parfois la seule option pour être est d’être qui on n’est pas, indépendamment des apparences et de ce que les humains diront.
josé martínez